Entrevue MaximumRnRoll  2007-02-01

Voici une entrevue que j’avais accordé pour le magasine MaximumRNRoll au nom de mon groupe Immoral Squad. Voici la traduction complète de cette entrevue qui est paru en janvier 96. Ce que j’aime bien, c’est le cover du MaximumRNRoll avec une superbe photo de notre ami G.G. Allin dans son cercueil,  et quand on observe bien nous voyons les mots Immoral Squad écrit dans le cercueil. C’est vraiment charment.


Immoral Squad a une place à part au Québec. C’est un groupe indépendant, très impliqué politiquement et idéologiquement et qui se débrouille tout seul pour exister, progresser petit à petit constituer un réseau.

Quel est l’historique d’Immoral Squad ?
Ben, on a fait pas mal de groupes dans le passé mais jamais rien n’a pris réellement forme, on apprenait à jouer. On s’est tous rencontrés peu à peu à l’école, on a commencé Immoral Squad et ça tout de suite bien marché. On s’est dit qu’on ferait bien un disque et on l’a fait. Voilà. On a pas mal changé de styles musicaux dans tout ce temps là, ça passé du primaire au plus travaillé, on s’en devient de plus en plus heavy, les paroles n’ont pas changé, elles sont toujours resté concernées, même si le chanteur évolue car il grandit aussi. On est dans la vingtaine maintenant.

Crois-tu qu’une chanson peut changer des choses ?
Sur quelqu’un d’intelligent, oui. Ça peut changer quand tu expliques au gens. Je ne sais pas si nos chansons changent la mentalité des gens mais au moins, on le dit et c’est ce qui est important.

Comment définirais-tu votre style musical ?
C’est une sorte de hard core brutal, pas du grind core, encore que c’est proche dans les derniers morceaux, mais pas à la Napalm Death, on écoute plus des trucs comme Disrupt et Dropdead.

Vous avez été un des premiers groupes de Québec à auto produire un disque…
Ouais, je pense. Depuis le début du punk, je pense que oui. On a travaillé fort pour le premier. C’est le fun car seulement des groupes speed metal avaient fait des choses avant. À part une compil en 83, « Blender Mix » ou il y avait des groupes punks de Québec.

Vous avez d’autres projets de disques ?
On a enregistré 2 chansons pour un split EP avec Union of Uranus d’Ottawa, les morceaux sont plus pesants. C’est les labels et les groupes qui produisent, dans notre cas le label et le groupe c’est la même chose. On a payé l’enregistrement avec les petits profits du premier EP. On a aussi enregistré un titre pour la compil « Peace 2 ». On a fait aussi un cover de Negative Approach sur un label de Toronto. On va faire une compil EP de groupes de la province, c’est du hard core violent. Il aura aussi une toune de nous sur celui-là. Et enfin, on prépare notre prochain EP qui devrait sortir sur Tribal War, si tout va bien. On a pas mal de correspondants et de contacts aux Etats-Unis, pas mal de distributeurs, c’est ce qui a permis de vendre notre EP. On a aussi pas mal de contacts en France, en Belgique, en Angleterre, en Espagne, au Japon… Du coup, on n’a pas de contact avec des gros distributeurs, on ne veut pas entendre parler de major comme Cargo. On fait affaire avec les petits.

Il y a une scène plus « concernée » à Québec ?
Ça commence depuis un an et demi. Ça prend du temps à s’organiser. Il y a un collectif sur la rive sud qui s’appelle « Le Lombric » et qui organise pas mal de choses et puis nous, on est un peu plus lent, mais ça prend forme. On a aussi une émission de radio « Alerte Rouge », on s’est réuni pour faire quelque chose de plus actif et maintenant, on veut se trouver un local pour faire de la distribution et ouvrir une salle all age. On travaille aussi sur un petit journal qui s’appelle « Rupture ». On aimerait faire une sorte de lieu avec plusieurs activités comme le ABC No Rio de façon à unir la scène de Québec car pour le moment, c’est encore en fragments. On veut montrer qu’il y a de la bonne musique et faire venir de petits groupes.

Les gens y viennent ?
Ça marche pas mal plus pour la rive sud. La scène est plus active là-bas. Mais on vient de trouver un bar qui peut accueillir des shows plusieurs fois par semaine et qui peut contenir plus de monde. Si on a notre salle, tout le monde pourra venir, il n’y aura pas d’alcool même si on boit pas mal.

Tu m’as dit que les groupes deviennent de plus en plus violents ici…
En fait c’est toute la même clique, ce n’est pas de la violence physique, c’est musical, on dirait que les gens sont vraiment dans le trip HC anglais 87, style Doom, Hiatus, Extreme Noise Terror… On dirait qu’il y a de plus en plus de monde qui s’identifie à cela.

Quel sont les problèmes aujourd’hui à Québec ?
Les punks sont mescalinés à mort, ça doit être le même problème dans toutes les villes. La dope en premier, c’est un gros problème. Le pire, c’est qu’ils ne savent même pas ce qu’ils font là, ils peuvent être tolérants aujourd’hui et racistes demain. C’est peut être un manque d’identité des jeunes et puis, on dirait que plus le temps passe et plus le Québec devient pauvre, ça a peut être un rapport avec ça. Le monde ne sait plus quoi faire.

Il y a des échanges entre francophones et anglophones ou ça marche toujours dans le même sens ?
Tout le monde croit que les Québécois haïssent les anglophones, mais pas dans notre milieu. On a de très bons copains au Canada anglophones, on a tourné là-bas, ça s’est très bien passé. C’est seulement les adultes qui se cherchent des problèmes. Je n’ai jamais compris que des gens ne s’entendent pas pour cause de différences de couleurs, de langues, de religions ou d’orientation sexuelle. Il faut être tolérant.



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